À masques fendus

arracher la puissance du geste occulte
celui qui se tait violemment mais dicte encore
mon mouvement de survie 

je vais, recouverte de la peau brune et craquelée
déracinée de mes ancêtres aux corps accroupis
fissurée sous ce legs qui refuse sa fatalité 

je jetterai ces mers entre nous
pour écraser l’infamie de l’entière possession
déplacerai l’honneur, et vous tuerai à votre manière
il suffit de regarder et ne plus vous voir 

l’imperceptible de la mémoire
reconduit la frayeur du sort incontrôlé 

je rêve de l’effort propulsé d’un cri qui suffit
à faire de nos peaux
plus que les vôtres 

Miriam Sbih

Miriam étudie  la littérature comparée. Elle essaie d’écrire le plus souvent possible, sans que sa pensée ne se décroche trop de ce qui l’avait en premier lieu poussée.