En compagnie des lichens, une escale fluviale : la recherche-création comme rivage d’accueil, fleuve d’élaboration et de partage
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de
Annyck Martin
vidéo
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douleurs rebelles
Temps présents et ressacs du vivant
Qu’est-ce que le temps présent ? Sinon un instantané qui fait saillance et qui à peine émergé, entraperçu est déjà reparti, laissant place à de nouveaux instantanés fugaces, aussitôt dissous à leur tour. Des instantanés dont on peut questionner l’existence même, puisqu’ils appartiennent à un flux continu et ne peuvent alors ressembler qu’à des tentatives maladroites de tenir entre nos mains, paumes et doigts ouverts, une matière fluide se rapprochant de l’eau vive. En somme, des instantanés impossibles à extraire des ressacs du vivant, mais dont nous pouvons choisir de partager des traces, des bribes, des fragments prenant la forme d’images, d’un récit poétique ou d’un essai-performance, afin d’essayer de nous rejoindre les un·es les autres dans nos humanités respectives.
En 2022, des douleurs aigües ont assailli mon cou, ma tête et le haut de mon dos, causant des limitations majeures sur plusieurs mois — mettant sur pause mon rêve et projet de réaliser un doctorat en études et pratiques des arts. Cette épreuve n’était pas la première que je rencontrais sur ma route et elle n’a pas été la dernière non plus.
Dans cette proposition, il existe plusieurs écarts temporels et plusieurs « temps présents » qui se rencontrent et se répondent. Ils impliquent autant de versions d’un soi à l’œuvre — des versions qui se sont exprimées, qui se sont commises, qui ont tenté de mettre en forme, en rythme et en récit une expérience vécue initialement de façon brute dans le corps. Des instantanés de soi en dialogue à travers le temps, qui ont cherché à accueillir, à moduler, puis à rendre au flux du vivant une expérience suspendue.
En 2023, lors du colloque Douleurs Rebelles, j’ai lu un essai-performance qui reprenait des traces de cette expérience. Une reprise est chaque fois une remise en jeu, qui cherche à accueillir l’expérience, la remanier dans et par la joie de l’écriture, de la création, dans le but d’en arrondir les brisants et que la mémoire du corps s’apaise. En 2024, j’enregistrais une nouvelle version de mon essai-performance en vue de cette publication. En 2026, je présente ici les traces des traces de cette expérience et vous invite à rencontrer celles que j’étais à travers ces multiples temps présents, ou ces instantanés, déjà repartis avec le jusant.
Il existe toujours un décalage entre le temps présent d’un texte qui s’écrit et le (ou les) temps présent où il trouve réception. Au moment où un texte est lu ou une performance est donnée à entendre, le temps présent n’appartient plus à l’écrivain·e : il change de main et devient celui du lectorat et de l’auditoire.
De mon côté, j’ai repris la route de la recherche-création. Je poursuis mon chemin avec les lichens. J’évolue ailleurs, dans plusieurs ailleurs à la fois, le cœur oscillant entre forêt et littoral.
TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO
À 15 h 25 aujourd’hui, le jeudi 4 mai 2023, ce sera la marée haute à Métis-sur-Mer. Elle atteindra 3,5 mètres. Vers la même période, l’année dernière, je me trouvais chez moi dans les Laurentides, le corps brisé par la douleur. La Douleur avec un grand D, celle qui bouscule projets, rêves, quotidien, qui crée des distorsions dans la façon dont on ressent le temps qui passe, celle qui sépare notre esprit en deux ou en plusieurs parties pour tenter de gérer le cataclysme intime, celle qui nous sort de notre vie tout en la poursuivant et qui propulse notre être dans des états de survivance dont on ne sait pas si on va en sortir et, si oui, quand, comment et dans quel état.
Il s’agit d’un honneur et d’un bonheur pour moi d’être parmi vous aujourd’hui à lire ce petit essai poétique. Façon de faire un pied de nez à cet épisode que je ne sais pas qualifier, de célébrer la sortie de cette épreuve silencieuse qui fut la mienne, qui continue de l’être en partie par les séquelles qu’elle a laissées, qui se sont ajoutées à celles qui étaient déjà là, car il ne s’agit pas de la première adversité que je rencontre. Façon de poursuivre mon rétablissement et, surtout, d’aller à la rencontre d’une sororité d’expérience, d’images et de mots, afin de ressortir plus forte de nos partages d’expérience.
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Au programme, un aller-retour entre les lichens et le fleuve, entre temps passé et temps présent. Un dialogue, une tentative de retrouvailles entre celle que j’étais et celle que je suis aujourd’hui, façon de la ramener avec moi, par des bribes de textes, de souvenirs en partie assemblés, désassemblés, mouvants comme la vie, comme les marées.
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9 avril 2022
Assise par terre sur la galerie, adossée contre la porte-fenêtre, manches de chandail remontées, pantalons retroussés, nu-pieds, je pleure de ressentir du bien-être dans mon corps. La chaleur du soleil combinée à la brise fraîche sur ma peau agit comme un baume, m’enveloppe. La neige fondue s’écoule goutte à goutte sur de multiples surfaces, formant différents rythmes, sonorités — un ensemble de petites percussions. Des corneilles croassent au loin, d’autres oiseaux pépient en se déplaçant. Une délicieuse symphonie de printemps.
mal au cou, aux épaules
en quasi-permanence
parfois au ventre
joues, mâchoires en carton
visage-tête envahi de fourmis
bercée par la nature
tu essaies de te réparer
Ces derniers mois ont été fort pénibles. Mon corps, mon âme sont abîmés, je me sens usée. J’ai besoin de créer pour rendre ma vie habitable1.
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Temps présent
En terminant ma maîtrise en 2010, je caressais un rêve, celui de poursuivre au doctorat. Je n’ai pas pu le réaliser à ce moment-là, en raison des défis de santé que j’ai rencontrés. En effet, à la suite de ma maîtrise, mon univers s’est effondré une énième fois. Une ou deux fois par an, ce rêve refaisait surface avant de retourner au large, je n’étais pas en position de m’y engager et de le réaliser. Vers 2018, ma santé ayant pris un certain mieux, je me suis décidée à considérer l’option sérieusement. En 2019, j’ai préparé mon avant-projet et j’ai soumis ma demande d’admission. À l’hiver 2020, j’ai entamé un doctorat en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal à temps partiel. Mon projet de recherche-création a pour titre actuel : Traduire l’essence d’un holobionte (essayer de) : l’imaginaire du lichen pour interroger les processus de création en contexte de neurodiversité2. Dans mon atelier, le lichen est un fil à suivre, un compagnon de pensée, un filtre, une figure qui rassemble ce qui me préoccupe et m’interroge…
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14 avril 2022
Kateri Lemmens, au sujet de l’essai : « parce que je manque cruellement de temps, il correspond à mes fractures et à ma fragmentation, à une écriture par chocs3 ». Les formes courtes, comme des bouffées d’air à travers nos vies surchargées ou en suspension sous l’effet de la douleur.
Quand j’écris, j’aime jouer entre les différents rythmes et registres. J’affectionne les postures « entre », les inconforts choisis, les dynamiques stimulantes qu’elles génèrent. C’est pour cette raison que je suis une amoureuse de l’essai, du carnet, de leur exigence — car ce qui n’entre pas dans un genre ou dans une discipline définie demande un effort de traitement, d’agencement, une réflexivité, ce qui est par nature exigeant —, amoureuse de leur esprit vagabond. Libre.
dans ton cou, les structures sont tirées/comprimées
à l’intérieur jusqu’au sommet de ton crâne
aucune posture qui vaille
le temps, dis-tu, le temps
quand le corps est disloqué
le temps ressenti le devient lui aussi
Kateri Lemmens, encore : « si je suis allée vers l’essai, c’est parce qu’il est poreux — il peut parler de tout, de tous les savoirs, tout en permettant une organisation intime du sensible4 ».
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Temps présent
Dans mon atelier, je ne peux faire fi de la question du temps. En raison des défis de vie qui sont les miens et des processus à l’œuvre dans ma façon de créer et de faire de la recherche-création, la lenteur est une condition sine qua non pour mener à bien mon projet. Ainsi, je revendique une posture qui appelle de la souplesse et du temps pour s’élaborer, tel un lichen qui pousse de seulement quelques millimètres par année. La lenteur est appelée par la nature de mon projet où, comme l’affirme Jean-Baptiste Bing, chercheur en géographie, elle « devient une précaution épistémologique et une nécessité méthodologique5 ». Toujours selon Bing, elle « est indispensable, à la fois pour faire émerger une compréhension commune de réalités d’ordres variés6 » et pour favoriser son acceptation et son inscription sociale.
Quant aux postures hybrides, plurielles, complexes, j’invoque une citation de Vincent Zonca tirée de son livre Lichens : pour une résistance minimale (2021) : « [L]e lichen défie la science : il n’est ni une plante, ni un végétal, ni un; il est un champignon adapté — ou une étoile double, règne à part7 ». Lorsque je pense au lichen, à l’essai, à la recherche-création, à la neurodiversité, j’y perçois quelques lieux communs, comme leur nature inclassable. Janet M. Paterson, professeure de littérature qui s’intéresse au postmodernisme, présente la forme hybride en littérature et en arts comme « une condition de l’intelligibilité de l’œuvre8 ». Ainsi, et toujours selon elle, « par ses structures hétérogènes, par son refus dans certains cas, de distinguer le littéraire du non-littéraire, par sa volonté de renouveler les pratiques littéraires, enfin, par son désir d’innover, l’hybride se présente comme une forme privilégiée d’expérimentation9 ». Je conçois ma thèse à la manière d’une métaoeuvre, comme un essai multimodal ou encore un holobionte lichénique. L’essai devant être entendu ici comme un verbe, dans le sens « d’essayer » : pratiquer l’essai ou œuvrer dans l’esprit de l’essai est considéré comme une méthode se rapprochant du sens donné par Emily Huurdeman dans son article intitulé « Essaying Art: An Unmethodological Method for Artistic Research » (2020).
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18 avril 2022
« Into the woods » dans mes oreilles, une playlist agencée par AlexrainbirdMusic10. Deux types de paysages m’enchantent, me font vibrer, auxquels je me sens appartenir. La forêt, celle qui recouvre nos belles montagnes, les Laurentides, accessible d’un peu partout près de mon lieu d’habitation. Et le fleuve, à partir de là où il devient salin, où il devient presque océan — la mer — avec ses marées. Fleuve que je retrouve avec une fébrilité d’enfant émerveillée lors de chaque escapade, depuis les dernières années, véritable intervalle de ressourcement.
tu essaies de maintenir
un semblant de vie normale
— entendre ici ta normalité à toi —
à travers l’épreuve
continuer de rêver en fait partie
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Temps présent
Tu relèves deux grands mouvements dans ton travail, que l’on pourrait nommer ainsi : « du rhizome » et « de la complexité ». Le rhizome représente un mouvement qui chemine à l’horizontale, comme l’enfant qui badaude librement dans les champs en suivant sa joie. Il explore. Attentif aux appels, aux résonances, à l’intuition, sensible aux obstacles, il détient le potentiel de bifurquer, de revenir sur ses pas, de se laisser surprendre — il aime les surprises qu’il découvre avec enthousiasme —, de projeter des lignes de fuites, de garder ouvertes les potentialités. La complexité, quant à elle, se construit par itérations — pas nécessairement successives, ni identiques les unes les autres : si elle aime les circuits, elle aime aussi les hors circuits qui lui permettent de faire un pas de côté, de se déporter, de prendre du recul, de revenir en posant un nouveau regard — par mises en relation. Elle est un mouvement qui approfondit, qui enrichit, qui densifie. Elle est exigeante et généreuse à la fois. Elle appelle la rigueur pour qu’on la prenne au sérieux. On pourrait aussi aller plus loin, dépasser ces deux mouvements, les intégrer en un seul, aérien celui-là, qui pourrait se résumer par « du lichen ». Le lichen comme méthode.
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27 avril 2022
ton système en alerte rouge
que tu tentes d’apaiser
sous une couverture de lichens lestés
des poèmes qui pleurent, qui tremblent
à ta place
les trois derniers mois
tu as su tenir la barre
malgré la douleur, la raideur, les malaises, les vertiges, les engourdissements, les limitations, le manque de sommeil, les peurs, les pleurs, les frustrations, les flambées mordantes le long de ton cou, du haut de ton dos, les maux de ventre, les diarrhées, les sursauts désagréables
dans ton cœur
tu peux être fière de toi
tu as besoin de toutes tes forces
pour la traversée que tu mènes
continuer d’être toutes celles que tu es
— mamou, écrivaine, conjointe, amie, étudiante, artiste, collègue
dans le désordre —
même si tout est un peu rétréci en ce moment
continuer de fabriquer de la joie
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Temps présent
Isabelle Mahy, professeure au département de communication sociale et publique de l’UQAM, a fait paraître un article en 202211 comprenant un récit graphique fort sensible, afin de relater un tournant dans son expérience d’enseignante et de chercheuse en situation de handicap invisible. Dans cet article, elle mentionne que « l’une des conséquences les plus importantes de cette situation est une fracture qui se crée entre les personnes qui sont en état de participer à la société et les autres12 ». Ces propos m’amènent à évoquer ce qui ne se voit pas dans un parcours universitaire et dans un parcours professionnel en littérature et en arts lorsqu’on vit avec des douleurs ou des défis de santé chroniques. Je fais référence ici à une zone aveugle des systèmes, des personnes bien portantes et parfois même des personnes étudiantes et professionnelles en situation de handicap elles-mêmes. Je pense entre autres aux démarches multiples, administratives ou non, qui alourdissent l’accessibilité et les parcours. Par exemple, le temps et l’énergie (énergie précieuse qui nous est comptée) investis à mettre en place les aménagements et les accommodements que nos situations exigent. Je pense aussi aux (parfois nombreuses) démarches médicales et de réadaptation qui accompagnent nos cheminements. Les examens, les consultations en physiothérapie, en ergothérapie, en psychothérapie, en acupuncture, les passages en pharmacie, sans compter les interruptions de suivi lorsque les médecins de famille (quand on a la chance d’en avoir un·e) quittent le navire du système public au vu des conditions actuelles. Tout cela sans compter le coût également pour l’entourage (encore une fois, quand on a la chance d’en avoir un !). Concrètement, si je suis ici, aujourd’hui, à ce colloque, c’est grâce à mon mari qui m’y a emmenée. De la même façon, si je termine présentement la partie scolarité de mon parcours doctoral, c’est grâce à son soutien et à celui de ma fille qui, l’hiver dernier, ont généreusement accepté de me reconduire à mon séminaire. De même, plus tôt, en début de parcours, ma fille qui a accepté de m’héberger quelques nuits par semaine dans sa chambre à la résidence lors de mes passages à l’université. Je me permets donc d’insister et de souligner à nouveau à quel point il est difficile d’imaginer le temps et l’énergie que tout cela exige en termes de démarches de différentes natures. Si l’impact de nos situations personnelles est aussi exigeant, il y a lieu de penser nos projets de recherche et de création différemment. Comme le souligne Mahy, « écrire la recherche autrement suppose une belle audace dans le contexte actuel des exigences des institutions universitaires alors qu’elle est encore marginale […]13 ».
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14 mai 2022
Je ne voulais pas écrire la douleur, le corps en souffrance. J’en ai fait le tour dans La crypte cassée14, même si chaque épisode de santé qui défaille n’est jamais le même. Je ne voulais pas passer par là à nouveau. J’ai envie d’écrire au sujet d’autre chose. J’ai envie de parler de lichens, de forêt, de neurodiversité, d’amitié, de jardin, d’écriture, de création, de recherche-création, du fleuve, sans être parasitée par mon corps qui souffre et par tout ce qui découle de cette souffrance. Vu le caractère envahissant, je me suis dit : pourquoi ne pas intégrer des parcelles de ce vécu à mes écrits ? Après tout, la vie est mouvement, elle contient une multitude de flux divers à la fois. En même temps, j’ai besoin de me dégager la tête, de me créer des espaces d’apaisement hors de toute bousculade (la vie bouscule bien assez d’elle-même), de liberté, d’ouverture des possibles.
pour te dégager
tu invites à l’écoute du podcast
Écrire la douleur : une hospitalité féministe15
qui aborde plusieurs des enjeux que tu rencontres
dont tu n’as aucune envie de parler
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12 juillet 2022
il existe des douleurs brutes
impossibles à mettre en mots
en images
des peines
inentendables
c’est ici qu’interviennent
la présence
les mains
tu voudrais
davantage de mains amies
aux mouvements doux
de cabanes-refuges
d’espaces sans cuirasse
où laisser tomber
les boucliers
trop lourds
pour nos cœurs
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12 août 2022
lorsque tu étais petite
les poumons encombrés
par un rhume une grippe
une bronchite asthmatique
et que vous partiez pour la mer
l’air salin guérissait tout
presque miraculeusement
aujourd’hui il s’agit d’œuvrer
et de se laisser œuvrer
patiemment
d’alléger les chagrins
par mailles et marées
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31 août 2022
là où tu marches
il n’y a ni derecho ou tornade
il y a le rivage
où tu avances pieds nus
chevilles mollets consolés
par l’effleurement des fines lamelles grasses
du plantain maritime
Mes parcours de vie et d’études ne sont pas linéaires. Je compose avec un fonctionnement neurodivergent, ainsi qu’avec des conditions chroniques de santé émaillées d’épisodes aigus. Ces conditions m’ont amenée à penser et à déployer mon existence autrement, à défricher hors des sentiers convenus. La recherche-création s’est présentée en réponse à ces formes de marginalité. La recherche-création est pour moi une manière de vivre, un lieu où une pensée poïétique singulière, voire une pensée sympoïtique16, en mouvement — fluviale — avec ses sinuosités, ses accalmies et ses ressacs, peut s’inventer, s’élaborer, offrir, se frayer un chemin parmi les autres.
dans ton atelier
les seuls vents admis
sont des brises fraîches
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Temps présent
Comment intégrer un vécu de douleurs
un vécu de douleurs foudroyantes
un vécu de douleurs chroniques
qui renverse nos corps
nos vies
nos projets et espoirs
sinon en s’accrochant
en tentant d’y faire du sens
en répondant à une main tendue
avec les moyens dont on dispose sur le moment
en envoyant ce qui s’apparente à une bouteille à la mer
une réponse à un appel de colloque
un soir de fin d’été en plein milieu d’un séjour à Métis-sur-Mer
en lisant un essai-récit-poétique huit mois plus tard à ce même colloque
en me demandant si ce qui se passe ici aujourd’hui, demain
pourrait devenir le début de quelque chose
quelque chose comme l’esquisse d’une tribune, d’un réseau ou d’une petite communauté…
1 En référence au livre La vie habitable : poésie en tant que combustible et désobéissances nécessaires de Véronique Côté (2014).
2 En résumé, la neurodiversité correspond à « une réalité biologique […] qui se compare à la biodiversité » et qui invite à considérer l’autisme, la douance et d’autres formes de différences neurologiques « comme [des] fonctionnement[s] divergent[s] naturel[s] » (Ouimet, 2018). À titre personnel, ma neurodivergence s’exprime par une double exceptionnalité qui combine douance et fonctionnement autistique.
3 Kateri Lemmens et Véronique Grenier, « Codes régionaux : échanges », Lettres Québécoises, no 76, 2019, p. 36.
4 Idem.
5 Jean-Baptiste Bing, « Heuristique de la lenteur », Carnets de géographes, no 8, 2015.
6 Idem.
7 Vincent Zonca, Lichens : pour une résistance minimale, Paris, Éditions Le Pommier, 2021, p. [ajouter la page].
8 Janet M. Paterson, « Le paradoxe du postmodernisme : l’éclatement des genres et le ralliement du sens », dans Robert Dion, Frances Fortier et Élisabeth Haghebaert (dir.), Enjeux des genres dans l’écriture contemporaine, Montréal, Nota bene, « Les Cahiers du CRELiQ », 2001, p. 90.
9 Idem.
10 https://youtu.be/XS7D_0EIcgs
11 Isabelle Mahy, « La Vertigineuse ou quand le handicap fait du récit graphique un processus de recherche », Communication, vol. 39, no 1, 2022.
12 Idem.
13 Idem.
14 Annyck Martin, La crypte cassée : essai sur l’écriture posttraumatique, Montréal, Liber, 2010.
15 Martine Delvaux et Jennifer Bélanger, « Écrire la douleur : une hospitalité féministe », S’entendre. Archives d’amitié et d’hospitalité, animé par Nicholas Dawson, épisode 4, mai 2022, https://opuscules.uqam.ca/mediatheque/sentendre-archives-damitie-et-dhospitalite-episode-4-ecrire-la-douleur-une-hospitalite-feministe.
16 En référence à la sympoïèse de Donna Haraway (2020 [2016]).
Bibliographie
BING, Jean-Baptiste, « Heuristique de la lenteur », Carnets de géographes, no 8, 2015.
DELVAUX Martine et Jennifer Bélanger, « Écrire la douleur : une hospitalité féministe », S’entendre. Archives d’amitié et d’hospitalité, animé par Nicholas Dawson, épisode 4, mai 2022, https://opuscules.uqam.ca/mediatheque/sentendre-archives-damitie-et-dhospitalite-episode-4-ecrire-la-douleur-une-hospitalite-feministe.
HARAWAY, Donna, Vivre avec le trouble, trad. Vivien García, France, Les éditions des mondes à faire, 2020 [2016].
GRENIER, Véronique, La vie habitable : poésie en tant que combustible et désobéissances nécessaires, Montréal, Atelier 10, no 6, 2014.
HUURDEMAN, Emily, « Essaying Art: An Unmethodological Method for Artistic Research », Empedocles: European Journal for the Philosophy of Communication, vol. 11, no 1, 2020, p. 25-42.
LEMMENS, Kateri et Véronique Grenier, « Codes régionaux : échanges », Lettres Québécoises, no 76, 2019, p. 36-39.
MAHY, Isabelle, « La Vertigineuse ou quand le handicap fait du récit graphique un processus de recherche », Communication, vol. 39, no 1, 2022.
MARTIN, Annick, La crypte cassée : essai sur l’écriture posttraumatique, Montréal, Liber, 2010.
OUIMET, [référence à compléter].
PATERSON, Janet M., « Le paradoxe du postmodernisme : l’éclatement des genres et le ralliement du sens », dans Robert Dion, Frances Fortier et Élisabeth Haghebaert (dir.), Enjeux des genres dans l’écriture contemporaine, Montréal, Nota bene, « Les Cahiers du CRELiQ », 2001, p. 81-101.
ZONCA, Vincent, Lichens : pour une résistance minimale, Paris, Éditions Le Pommier, 2021.
Annyck Martin
Annyck Martin est doctorante en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal. Son projet doctoral explore une approche processuelle de la recherche-création, depuis une posture située et attentive au vivant, en compagnonnage avec le lichen. Elle est l’autrice de Fille des arbres (2020) et La crypte cassée (2010), ainsi que coautrice de l’ouvrage Le profil Asperger au féminin (2020) et de sa traduction The Female Profile of Autism (2025).
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