la minuscule est requise sur le nom impropr​​e

de

rachel lamoureux

essai

douleurs rebelles

Il s’agit d’une jeune femme paraissant son âge, ayant les cheveux teints et des tatouages sur le corps. Elle est habillée de manière investie, marginale. L’attitude est ouverte, relationnelle. L’activité psychomotrice est dans les limites de la normale. L’affect est euthymique, mobilisable et modulé. Madame rit en réponse à l’humeur à quelques reprises. La pensée est organisée et cohérente, non ralentie ni accélérée. Le discours est articulé autour d’une dysphorie chronique liée à des stresseurs relationnels et des craintes abandonniques. Il n’y a pas d’idée hétéro-agressive ni d’idéation auto-agressive avec intention. Elle nie tout trouble perceptuel et n’est pas hallucinée en entrevue. Le sensorium est clair. Elle est orientée dans les trois sphères. Le jugement pratique est empreint d’une impulsivité chronique mais actuellement préservé. L’autocritique est partielle. Non suicidaire.

c’est ainsi que j’ai reçu mon évaluation, suivant l’examen psychiatrique que j’ai passé auprès de la figure d’autorité qu’incarne le psychiatre. ça ressemblait dangereusement aux commentaires suivant mes dissertations littéraires, sauf que bien sûr, on cherchait non pas seulement par les signes du discours mais aussi par ceux du corps les éléments qui sauraient circonscrire la distance me séparant de l’écart-type, la correspondance plus ou moins grande entre mes gestes et les compétences requises en société.

j’étais là parce que ça n’allait pas, ça n’arrêtait pas de ne plus aller, et je ne savais même pas pourquoi.

le psychiatre pose donc son diagnostic : trouble de la personnalité limite, avec, comorbidité oblige, trouble anxieux généralisé.

quand on dit : « je suis en retard », on ne dit pas : « je suis le retard ». on dit : mon être en tant que sujet pronominal s’accorde au complément de sujet voulant que le retard m’arrive.

dans ce texte, je veux raconter ce qui nous arrive, et comment ce qui nous arrive en vient à nous définir.

lorsque, en quelques 300 mots, j’ai fait l’ébauche de ma proposition de communication pour le colloque douleurs rebelles, la lettre était de mon côté, c’est-à-dire qu’avant d’entendre, on pouvait lire. alors bien sûr, j’ai commencé la phrase par une lettre minuscule, qui dictait déjà le ton, la posture, la revendication. mais ici, vous m’écoutez, vous ​​m’écoutez en train de me lire, et donc, je dois tout renverser, tout faire à l’envers.

dans ma proposition, la gradation était croissante. je passais de la minuscule, ce geste d’écriture considéré à la fois comme un caprice, une gestuelle esthétique réservée aux espaces non officiels (par exemple les réseaux sociaux), en somme une demande illégitime à justifier auprès d’instance de légitimation. je passais donc de ladite minuscule à mon trouble de la personnalité pour parvenir enfin à ce qui nous intéresse ici, c’est-à-dire les rapports de pouvoir au sein des institutions. je pense toujours en premier lieu à l’institution de la famille, mais nous trouvant tou·te·s réuni·e·s ici à ​​l’uqam, dans le cadre du colloque douleurs rebelles, je pense donc a fortiori à l’institution universitaire.

la minuscule, vous ne la voyez pas. elle est si peu qu’elle apparaît comme de trop. elle a l’allure de ce qui s’ignore, de ce qui convoque le mépris, car elle n’a pas la consistance de la légalité. celle, par exemple, de changer son nom.

si un matin je me lève et décide qu’on m’appellera dorénavant charlie plutôt que rachel, je devrai l’annoncer, le répéter, parfois je devrai l’expliquer. je pourrai même aller jusqu’à entreprendre des procédures légales qui exigeront un motif dit sérieux, voire valable. mais d’aventure, les gens ne se demandent pas pourquoi je pourrais vouloir changer de nom. c’est à la fois trop évident et trop intime. ça ne se demande pas, ça s’impose et on respecte et si l’on se trompe, on dit « pardonne-moi, charlie, c’était par habitude ».

devant la minuscule, on ne comprend pas, on préfère ne pas voir, faire comme si c’était une coquille, un detail saugrenu, presque immature, un aspect à la fois inconvenant et accessoire. c’est là et ce n’est pas là, comme un caillou dans la chaussure, comme une saleté entre les dents, comme un mot mal prononcé dont on comprend pourtant la signification, mais qui nous arrive avec l’envie de le corriger.

j’ai commencé tout bonnement à écrire mon nom en minuscules, car j’appréciais l’espace exigu de certains recueils de poésie. je remarquais que le poème était un univers mis à plat, où les lettres se côtoyaient dans une horizontalité toute naturelle, mettant à mal l’idée du nom propre, et par là même, l’idée du nom commun. longtemps, j’ai parlé d’un désir d’aplanissement entre les êtres et les choses, j’ai parlé d’un désir de décapitaliser le signifiant, d'en faire quelque chose de moins rigide, moins total, moins hermétique. j’en suis venue à percevoir la minuscule comme une politique de l’exotérisme, une sortie au dehors du légiféré, une sorte de micropolitique discursive boudeuse, s’apparentant au drapeau, au feu clignotant, en somme, à un piège.

car mon usage, qui se faisait tout petit au départ (par exemple entre ami·e·s, ou pour signer mes textes dans des revues de création), oui, mon usage a fini par prendre de l’ampleur, il s’est propagé là où très rapidement il a coincé, s’est fait sentir dans sa petitesse, son audace, son insolence, dans les engrenages du social.

j’ai inscrit mon nom sous la forme mineure sur les pages de garde de mes travaux, contrevenant délibérément à l’exigence inaliénable du guide de présentation, j’ai signé ainsi les courriels adressés aux professeur·e·s, à mon employeur, à mes éditeur·ice·s. j’ai tenté par ce qui est devenu à la longue une performance de tester les espaces dialogiques — faisant saillir leur très approximative malléabilité. et si je l’ai fait pour mesurer l’ouverture d’esprit de mes interlocuteur·ice·s, la plasticité de leur rapport aux règles et aux convenances, je découvrais moi-même mon propre malaise à user de la minuscule en contextes officiels. soudainement, ce qui m’était apparu comme une petite effronterie pouvait, auprès de nouvelles personnes entrant dans ma vie, dans mon réseau (par exemple des directeur·ice·s d’importantes revues littéraires, des organisateur·ice·s de colloques internationaux), ce micro-geste comportait maintenant le pouvoir de teinter nos rapports durablement. parfois, la minuscule, dans toute sa polysémie, m’a minorée dans le regard de l’autre, mais je n’ai pas su renoncer à elle, ou quand j’y renonçais, je ressentais de la honte, et quand je l’utilisais, je ressentais aussi de la honte, mais d’une autre nature — une honte qu’on pourrait dire tensorielle, c’est-à-dire qu’elle se manifeste au confluent de l’intensité et de la libido, comme dirait jean-françois lyotard.

car la minuscule, mobilisée à tout venant, contrevient aux règles de la grammaire, règles qui nous arrivent presque autant que notre prénom, notre nom de famille, notre morphologie, our hérédité, notre localisation géographique présupposant une condition socio-économique particulière.

c’est lorsqu’on m’a dit, entre consternation et agacement, que j’allais devoir apprendre à dépasser le mythe des origines, que j’ai su qu’il me fallait récidiver, épuiser la logique mineure jusqu’à l’écœurement pour que ce qui se voulait initialement une démonstration en acte des rapports de pouvoir en vienne à me changer aussi dans ma relation à la reconnaissance sociale, à la reconduction passive du statu quo, de ces codes sociaux pétris de non-dits et de violences muettes.

ce n’est que plus tard, en lisant le kafka. pour une littérature mineure des philosophes deleuze et guattari que j’ai compris combien il fallait apprendre à habiter sa langue en étranger, apprendre à creuser son sillon dans la langue majeure. la minuscule, pour moi, ce serait une expression possible du devenir mineur. selon deleuze & guattari, il faudrait :

[…] écrire comme un chien qui fait son trou, un rat qui fait son terrier. et, pour cela, trouver son propre point de sous-développement, son propre patois, son tiers monde à soi, son désert à soi. il y eut beaucoup de discussions sur : qu’est-ce qu’une littérature marginale ? — et aussi : qu’est-ce qu’une littérature populaire, prolétarienne, etc. ? les critères sont évidemment très difficiles, tant qu’on ne passe pas par un concept plus objectif, celui de littérature mineure.

car comme le disent deleuze & guattari, « chaque affaire individuelle est immédiatement branchée sur le politique ». en cela, le devenir-mineur passe moins par l’étude conventionnelle de littératures dites mineures ou marginales que par une poétique de l’en-deçà, du pas de côté, de la discordance, une poétique au jour le jour, par-delà le livre, par-delà l’article, par-delà l’espace convenant à la convention. moins de création en création, moins de recherche en recherche, moins de registres soutenus en hauts lieux et de registres conversationnels en bas lieux, c’est-à-dire extra muros.

la minuscule, pour moi, c’était une manière de faire entrer le dehors, l’avant, la bassesse de mon passé trop personnel pour le présent dans ma signature. car on trimbale, on se porte, se traîne, on n’arrive ni ne s’en sort indemne.

je voulais tester les labels, les étiquettes. parce que mon trouble de la personnalité colle, me colle à la peau, en est comme devenue une, de peau. je le porte comme un maquillage gâté, gras, épais, camouflant mon visage réel tout en se donnant à voir.

je veux qu’en franchissant les seuils on cesse d’oublier, de nier les bagages de l’enfance, le milieu d’émergence, les événements qui en sont venus à nous caractériser, que nous avons incorporés par osmose.

en littérature, on produit de la caricature, ça caricature. comme tant d’autres, j’ai eu ma phase littérature et folie. j’en suis passée par le livre de marie-sissi labrèche, borderline, j’ai lu putain de nelly arcan, je connais les récits de femmes folles, de femmes en mal d’elles-mêmes, de femmes faites par la société pour se briser.

être borderline, ce n’est pas si simple, ce n’est pas se rouler par terre en pleurant, ce n’est pas toujours lancer des objets, mais ça arrive, ce n’est pas invariablement adopter des comportements à risque sur les plans affectifs, sexuels, professionnels.

pour la petite histoire, d’un point de vue clinique, on dit de ce trouble qu’il se situe entre l’excès et le manque. on parle d’une hypersensibilité, d’émotions envahissantes, d’une difficulté à entrer en relation et à les préserver. on compare souvent ces êtres à des enfants éternels. ce sont des êtres angoissés, impulsifs et explosifs, dont les mécanismes de défense ne fonctionnent pas efficacement. ils craignent viscéralement le rejet, l’abandon. leurs relations sont teintées de phases d’idéalisation et d’exécration. ils aiment aussi fortement qu’ils détestent. ils sont en proie à des états d’hypervigilance où il s’agit d’interpréter les signes de l’abandon, de la trahison, du danger avant même que ceux-ci surviennent, parce que la douleur est vécue de façon aiguë et foudroyante.

d’un point de vue statistique, plus de 75% des personnes diagnostiquées sont des femmes, entre 60 à 90% des personnes présentant ce trouble adoptent des comportements auto dommageables mais non suicidaires, 10 % des personnes présentant ce trouble se suicident.

par-delà les caricatures qu’en font les livres, il faudrait retenir qu’il s’agit d’un rapport complexe au concept d’identité, du moi, car le sujet TPL souffre de ce qu’on appelle un sens faible de la personnalité. si nous voulions représenter la personnalité par un cercle, vous verriez que chez le sujet TPL, ce cercle est tordu en une demi-lune. son espace intérieur — qui est vécu à la fois comme un vide, une béance, un néant à soi — se voit empli par le dehors. plus le trouble sera grave, plus on cherchera à remplir cette béance par n’importe quoi, car n’importe quoi fait l’affaire devant l’envie de mourir, devant le vertige provenant de cette impression très réelle d’être un puits sans fond, une coquille vide, une pelure d’orange sans chair ni pépins.

ce sens faible de la personnalité n’advient pas par hasard. il survient de l’expérience infantile d’un milieu invalidant, d’une rencontre très malencontreuse entre les prédispositions génétiques (dans mon cas : ma mère est bipolaire) et les phénomènes épigénétiques (toujours dans mon cas : pauvreté, négligence, violence). on reconnaît le milieu invalidant à ce qu’il « ne va pas aider l’enfant à identifier ses émotions, à les nommer, et à leur donner du sens. ce milieu ne favorisera donc pas la validation de ce que vit l’enfant émotionnellement ».

il y aurait sensiblement 3 types de milieux invalidants : 1. là où l’expression des émotions est découragée; 2. là où l’expression des émotions est reconnue seulement lorsqu’elle est exagérée; 3. là où les exigences sont si élevées que les défis sont perçus comme facilement surmontables (c’est pourtant si simple, disent-ils) et les difficultés comme étant des carences (tu devrais pourtant savoir, disent-ils) et non comme des opportunités d’apprentissage.

il m’apparaît que la famille est (le plus souvent) un milieu invalidant conditionné par/prospérant dans une société invalidante. et selon cette logique, on attend des individus, par une sorte d’exigence implicite, qu’ils fassent « de leur mieux », et surtout, qu’ils ne donnent pas à voir toute la distance qui les sépare de la norme.

j’ai voulu, par la minuscule, et dans un milieu aussi officiel que celui de l’université, réduire au possible la distance qui me sépare de moi-même lorsqu’il est temps de parler d’exemplarité, d’excellence, d’exceptionnalité.

ce qui fait mon exception, ce qui m’a fait écrire très tôt, ce qui me fait mesurer à chaque jour ma chance d’être là où j’en suis, c’est-à-dire là devant vous avec le courage et la témérité de me mettre en jeu, en risque, c’est à la fois mon histoire, mon trouble, mon regard critique sur le tant attendu (cette manie de vouloir coïncider excellemment avec le réel normatif) et les possibles que renferme l’université.

je suis là, financée, publiée, frontale et petite et angoissée et hypervigilante. je suis là, et j’utilise le peu que je suis pour nous permettre à tou·te·s de nous dire, sans gêne, sans pudeur, sans étiquette, sans l’injonction à devoir cacher le manque, la blessure, la honte, l’envie que ça puisse se dire sans que cela nous réduise, parce que si ce qui nous arrive en vient à nous définir, nous pouvons commencer à faire arriver une définition de soi qui soit plus grande, plus complexe que la plus ou moins grande coïncidence entre soi et les critères qui mesurent notre valeur, la valeur de notre pensée, de notre parole, de nos idées.

mon idée, c’est la minuscule, et je ne suis pas malade, j’arrive à vous avec un vécu.

 

 

j’écrivais ces lignes en 2023. trois années ont passé depuis.

avec du recul, il m'apparaît difficile d’entériner tout ce que j’ai évoqué plus haut. non pas que je rejette ce que j’ai voulu exprimer, je ne saurais, et ça ne changerait rien.

entretemps, je suis entrée en analyse. entretemps, mon analyste m’a aidée à déboulonner le mythe de la psychiatrie. entretemps, j’ai terminé mon mémoire, j’ai perdu de nombreuses relations en sondant et en court-circuitant des fantasmes délétères.

je me vois dans ce texte sur la minuscule vouloir apparaître avec une force que je ne me connais plus. j’étais, tirant sur ma puissance de la souffrance dans laquelle j’agonisais, en proie au désir de devenir quelqu’un et je pensais que l’université saurait m’adouber en me lavant de mes racines ouvrières.

j’aurai eu recours à des tas de thérapies, mais rien dans le discours qui m’intimait à m’arriver à moi-même, c’est-à-dire à être cet adulte aimant qui veillerait au bien-être que je n’ai pas connu dans l’enfance, rien dans ce discours ne me convenait, car il sonnait creux et bien que je sache quels gestes poser, la bonne volonté et le dévouement ne parvenaient pas à faire guérir quoi que ce soit.

et puis l’analyste m’a fait comprendre qu’on ne guérit pas, parce qu’en quelque part on n’est pas malade, pas au sens psychiatrique ou médico-légal du terme.

j’avais un mal de ventre constant, j’apportais un croissant en séance dans un sachet en papier et je le déposais sur la petite table à côté de moi, et je disais à l’analyste : « je l’ai acheté pour le manger, car il faut se nourrir, mais la faim ne vient pas, et je sais que lorsqu’il aura durci, je le jetterai, mais j’en achèterai un autre demain, au cas où la faim reviendrait, car elle reviendra, n’est-ce pas? ».

bien sûr, elle ne disait rien. mais le mal de ventre n’était pas soignable au sens du corps, car le corps est dans l’esprit et mon esprit cherchait à tout faire au mieux, les devoirs, les lectures, à être enfin digne, mais ma dignité n’arrivait pas. je ne pense pas que ce soit un sentiment qu’on puisse s’offrir à soi-même. cette injonction d’apprendre à s’aimer, à être son premier allié, je l’entends comme un aveu d’échec du tissu social.

j’ai décidé que ça n’avait jamais été de ma faute, toute cette souffrance. que j’étais mal née pendant que d’autres étaient bien né·e·s, que la colère et la jalousie n’y changeraient rien.

alors j’avance dans mes pas qui ne mènent nulle part. je ne pense pas que je vais mieux. je pense que j’ai moins envie de mourir, pour la simple raison que la déception est moins dévastatrice. c’était souvent la fin du monde dans ma tête. c’était souvent grave au point de tout mettre en œuvre pour réagencer l’univers.

avec du recul, il me semble que de pouvoir être un sujet qui porte en lui l’élan de réagencer l’univers me suffit.

rachel lamoureux

rachel lamoureux est écrivaine (Le Quartanier et les éditions désordre), doctorante en études littéraires (UQAM/CRSH) et professeure de littérature au niveau collégial (cégep Édouard-Montpetit). Formée en philosophie et en littérature, elle se consacre à l’écriture de soi et aux théories du sujet comme voies d’accès privilégiées pour saisir les rouages du social et ses héritages symboliques. Ses recherches portent sur la contribution littéraire des femmes; entre 1968 et 1980 en France, au mouvement de pensée freudo-marxiste après les événements de Mai 68, en dialogue avec un intérêt marqué pour la psychanalyse.

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